Programme MOM – Mise en place d’un réseau participatif de suivi du rivage : expérimentation dans les Iles Loyauté en Nouvelle-Calédonie


  
Du 01 janvier 2016 au 31 décembre 2017
Auteur
IRD - UNC (ISEA) - Université du Littoral-Côte-d'Opale
Financeur(s)
Budget
Membre(s) participant(s)

Dans son ouvrage « La Société du Risque » (1986), Ulrich Beck écrit que les hommes des sociétés occidentales du XXème siècle ont augmenté leur exposition aux risques : aux risques technologiques car ils ont développé de nouvelles techniques pas complètement maitrisées, aux risques naturels car ils pensent s’être affranchis des aléas et ont oublié les conséquences de catastrophes passées. Le projet de réseau que nous proposons vise donc à dépasser la dimension technique initiale. Nous souhaitons certes faire des mesures scientifiques, mais surtout exploiter les connaissances des sociétés locales en matière de risque, à les sensibiliser, les impliquer dans la réflexion pour diminuer leur vulnérabilité. Ici, les vecteurs d’informations et de prise de décisions en milieu coutumier sont propres aux particularités culturelles des aires coutumières kanak.
La mise en place d’un projet collaboratif, impliquant réellement la société civile, passe par l’intégration de membres représentant la communauté hors du cadre politico-institutionnel au sein du groupe de travail dès les premières étapes de construction du projet (représentant coutumier, religieux, associatif, etc.). Cela passe également par la formation de ces personnes aux différentes techniques de travail. Non seulement une telle démarche doit prendre en considération les avis, attentes, demandes des populations et de ces représentants mais elle doit également donner les moyens à ces personnes de mener leurs propres analyses. Pour ce faire il est nécessaire de revoir le paradigme initial. En ce sens il ne s’agit plus d’une démarche verticale où les locaux sont spectateurs des experts et où les spécialistes émettent un avis, que l’on valide par des moyens plus ou moins directs mais inadaptés et de fait n’ayant aucun poids ou presque dans le processus de décision, mais d’une démarche horizontale ou les savoirs et spécialités de chacun sont mis sur un pied d’égalité et suivent une logique d’échange et d’apprentissage mutuel. Une réelle démarche participative nécessite donc un investissement humain important, seul moyen d’arriver à l’objectif qui est de proposer des solutions en parfaite adéquation avec le milieu, aussi bien naturel que culturel, concerné par le travail.

L’exemple d’Ouvéa est particulièrement intéressant pour le développement d’un tel dispositif participo-collaboratif, le cadre culturel facilitant ce type d’implication des populations dans la mesure où l’on identifie les bons interlocuteurs. Certains clans ont des fonctions spécifiques en lien avec la mer, le littoral ou la terre ; l’approche la plus adéquate à adopter est de laisser le choix des personnes aux autorités coutumières qui de fait nous indiquerons les personnes ayant les prérogatives coutumières pour mener ce travail. D’une manière générale les gens d’Ouvéa sont très sensibles à leur environnement, d’autres part le réchauffement climatique et ses implications sur le niveau de la mer pourrait impacter l’ensemble de l’organisation sociale de cette île où les terres sont peu étendues et les modes d’organisation socioculturel directement en lien avec les questions foncières.

Dans un précédent projet autour du risque tsunami, des ateliers participatifs sur l’identification des sentiers d’évacuations et des zones refuges avaient été réalisés en tribu. Non seulement la population avaient été intéressée et avait largement participé mais des groupes de réflexion au sein même de la population s’étaient créés à la suite de ces actions. La principale limite dans ce premier projet avait été le manque de moyens alloués et donc la limitation dans le temps de cette action. Ce projet a montré que les populations sont clairement le premier maillon de la chaîne pour une bonne gouvernance.

 

  • Partenaires du projet : IRD – UNC (ISEA) – Université du Littoral-Côte-d’Opale
  • Référent pour ISEA : Pascal Dumas

 

(c) photo de couverture érosion côtière et éléments de protection déstructurés, Ouvéa (BRGMRP-63235-FR, 2014)